Quelles sont les religions et les mythes évoqués dans Avatar

Quelles sont les religions et les mythes évoqués dans Avatar
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Si « Avatar » est un spectacle à ne pas manquer sur le plan technique et cinématographique, James Cameron, en cette période de questions environnementales et alors que le sommet de Copenhague vient de se clore, marqué par l’absence de décisions fermes des grandes puissances mondiales, nous offre une longue apologie d’une planète lointaine, Pandora, où le peuple des Nav’i est en communion profonde avec une nature élevée au rang de divinité.

Le mythe du bon sauvage ? La nature et l’environnement vénérés par les Nav’i sur Pandora

Le peuple vivant sur Pandora est « bon », face à une technologie « méchante » (ce qui est une curieuse et paradoxale méthode pour Cameron de faire l’apologie de la nature face à la technologie, puisque son film est justement une merveille technologique ayant coûté plus de 400 millions de dollars).

Mais dans la vague de « Danse avec les loups », les peuples « premiers », serait-on tenté de dire, qui résident sur Pandora sont bons. Il est vrai que l’on n’a pas attendu James Cameron pour le mythe du bon sauvage, mais il est intéressant de noter que dans ce blockbuster, Cameron sait parler à l’inconscient collectif mondial : écoutez la sagesse de peuples premiers.

Ce leitmotiv revient sans cesse dans le film, où le peuple des Nav’i emprunte coutumes, aspects et rites religieux à de nombreux peuples : influences Masaï, sud-américaines, africaines ou orientales et indiennes, la religion des Nav’i mêle certains aspects de rites spirituels qui reviennent en force actuellement, avec des rituels de passage et d’initiation pour devenir membre du clan que l’on retrouve également dans différentes traditions.

Eywa : la Toute-Mère et le mythe de la femme divine, la Mère évoquée également par Paulo Coehlo

La reprise du mythe de la Mère n’est pas nouvelle dans le monde culturel : déjà en 2007, Paulo Coehlo avait repris ce mythe pour tisser la trame de son roman « La sorcière de Portobello ». Religion naturelle, culte de la nature et syncrétisme que l’on retrouve aussi dans la Wicca, également nommée « Ancienne religion » par ses adeptes.

Ce néo-syncrétisme s’inspire de nombreux cultes : on y retrouve des influences du druidisme, du chamanisme, de l’animisme et de la sorcellerie.

Les cultes liés à l’énergie primordiale de la femme divine sont nombreux de part le monde. La Mère, la Terre-Mère, c’est bien souvent la force de vie divine qui se manifeste, qui crée, avec laquelle il faut atteindre l’union et l’harmonie.

C’est la force vitale à laquelle tout le vivant revient, comme l’a bien décrit Cameron dans le film par la voix des Nav’i. Ces derniers décrivent Eywa comme un réseau d’énergie créatrice d’où tout vient et à qui tout revient. C’est le principe de vie, qui se manifeste dans une profonde communion spirituelle que les Nav’i entretiennent avec chaque arbre, chaque plante, chaque animal. Mais Cameron n’a pas inventé ces éléments spirituels, nous allons retrouver ce culte du féminin sacré dans de nombreux cultes et traditions du monde entier.

Le culte de la Déesse Mère, le principe féminin sacré, Shatki

Ce culte se retrouve dans de nombreuses traditions latines et grecques : Demeter, Perséphone chez les latins, ou encore Gaïa chez les grecs incarnent différentes facettes de la Mère.

Dans l’hindouisme, Shatki est également ce principe d’amour et de fertilité qui nous unit à la nature créatrice, à l’instinct fécond et créateur. Shatki n’est que l’une des images de cette divinité féminine multiforme qui est reprise pour former Eywa, la Toute-Mère qui règne avec sagesse dans l’invisible de Pandora, l’univers créé par James Cameron.

De nombreuses spiritualités d’aujourd’hui renouent avec ce principe féminin de la divinité mère, et Cameron s’est largement inspiré de ce mouvement actuel qui va puiser au coeur des richesses spirituelles communes à l’humanité.

Si Jung a raison en nous parlant d’archétypes universels communs à toute l’humanité, on peut dire que James Cameron s’est assuré une partie du succès d' »Avatar » en allant puiser à ce patrimoine spirituel commun à l’humanité.

L’Arbre Maison, l’arbre de vie, l’arbre magique, symbole de la nature entière

Sur Pandora, la planète créée par Cameron, les Nav’i habitent au pied de l’Arbre Maison, un arbre gigantesque autour duquel toute leur vie s’organise. L’un des événements les plus terrifiants du film est le moment où le chef militaire, caricature stupide et bornée d’un occident qui s’estime supérieur face aux richesses des traditions premières, ordonne la destruction de l’Arbre Maison qui prend feu. Cette scène marque la destruction symbolique de la sagesse primitive par la technologie aveugle magistralement mise en scène sur le plan technologique dans « Avatar ».

Le symbole de l’arbre est présent dans de nombreuses traditions spirituelles, dans la Bible avec l’Arbre de Vie, divinités celtes, cultes chamaniques de diverses origines. Comme dans le film de Cameron, l’Arbre est dans de nombreuses traditions le symbole de la communion avec les ancêtres, ce qu’en occident nous avons retenu uniquement par la figure de l’arbre généalogique.

Mircéa Eliade et le culte de l’Arbre Sacré, symbole du Cosmos

Mircéa Eliade va nous rappeler que dans l’Arbre Sacré, l’arbre est chargé d’une Puissance et de forces sacrées qu’il manifeste dans son cycle de vie. Il est le symbole de la renaissance perpétuelle. Résumé de l’univers, l’Arbre sacré manifeste dans son culte que le Tout se retrouve dans chaque fragment.

Dans cette vision, chaque fragment de l’univers communie au Cosmos tout entier, ce que Neyriti, la princesse Nav’i, tente d’expliquer à Jake en lui parlant du culte de l’Arbre Maison de Pandora. Rites d’initiation spirituelles, cultes d’influence chamanique où la chamane, en transe, parle devant le peuple entier assemblé lui aussi en transe autour de l’Arbre Sacré : Cameron s’est tout simplement inspiré des cultes chamaniques qui sont redécouverts actuellement par des occidentaux en quête d’une sagesse spirituelle universelle.

Avatar est bien une magnifique création cinématographique. Tout étant « palimpseste » et réécriture, il est intéressant de noter les allusions et les clins d’oeil à des figures cinématographiques (films de défense de la cause des indiens notamment).

Mais sur le plan spirituel également, il est intéressant de noter que si la spiritualité de Pandora parle autant, c’est que le film reprend des éléments de traditions spirituelles s’enracinant dans des mythes profondément ancrés dans l’inconscient spirituel collectif.

Mircea Eliade, « Traité d’histoire des religions », Payot 2004

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