Qu’est ce que l’amitié

Qu’est ce que l’amitié

 

Avoir un bon copain, voilà c’qu’y a d’meilleur au monde ». On connaît la chanson. Seulement on a souvent tendance à oublier que l’amitié repose, ou devrait reposer du moins, sur une véritable éthique. Pour être sûr de ne pas confondre votre meilleur(e) ami(e) avec la bonne à tout faire, lisez attentivement ce qui suit.

« Des bateaux j’en ai pris beaucoup, mais le seul qui ait tenu le coup (…) s’appelait Les Copains d’abord »

Brassens avait bien raison : un vrai ami, c’est du solide. Seulement qu’est-ce que ça signifie exactement ? Qu’avec lui tout est permis, le pire comme le meilleur ? Qu’il sera là en toutes circonstances ? Certainement pas, bien au contraire. Il ne faut pas confondre contrat de mariage et contrat amical. Ce dernier n’est pas institutionnalisé : il est tacite, et donc bien plus mystérieux. Etrangement, on en découvre souvent les règles à ses dépends, parfois quand il est déjà trop tard.

Pour éviter de perdre un ami très cher, ou de gâcher une rencontre qui paraissait si prometteuse, il faut se poser quelques questions, éthiques : à quoi est-ce que je m’autorise avec lui/elle ? jusqu’où est-ce que j’accepte de répondre à ses demandes ? On découvre alors que les règles en amitié sont bien plus obscures qu’en amour. « L’amour est enfant de bohème qui n’a jamais connu de loi », certes, mais le couple demeure une relation très codifiée. Je m’explique : la passion amoureuse excuse, voire justifie, tous les débordements, mais une fois engagée, l’obligation de fidélité fournit un cadre solide à la relation. L’histoire d’amitié, elle, obéit à une chronologie inverse : elle débute avec politesse et retenue, et au fur et à mesure, les résistances se relâchent, pour aboutir parfois, et c’est là que le bât blesse, à un véritable flou artistique.

En résumé : le contrat amoureux est social, il obéit à des lois intemporelles et universelles ; le contrat amical repose sur une éthique, à savoir une morale personnelle et circonstancielle.

De l’amitié-fusion à l’amitié tout court

La rupture, en amour, est une figure de style bien connue. En amitié, c’est rarement aussi tranché. Il arrive souvent que deux ami(e)s très proches s’éloignent lorsque l’un ou l’autre entame une relation amoureuse. L’intimité des rapports n’a plus cours, et les entrevues, autrefois intenses, se transforment en visites de courtoisie.

Diagnostic : cette amitié reposait sur de mauvaises bases, ou plutôt, sur un fonctionnement amoureux qu’en l’occurrence nous qualifierons de non respectueux. Ce genre de dérive amicale est très courant à l’adolescence, où les relations se jouent sur un mode fusionnel. Il est moins excusable avec l’âge, où l’on ne devrait plus être dupe de cette tendance, humaine trop humaine, à instrumentaliser l’autre à des fins que l’on peut dire alimentaires : un ami ne doit pas servir de bouche-trou.

Alors qu’est-ce donc qu’une belle amitié ?

Nous dirons que la réponse est dans le fait même de l’interrogation. Regarder en soi, et essayer de comprendre ce qui fait nos choix, et motive nos actions, c’est se mettre en position de pouvoir entretenir un rapport amical allégé d’enjeux dont il ne doit pas être le théâtre.

Au bout du compte, ce qui unit deux amis est aussi irrationnel que l’amour. La différence, fondamentale, c’est cette liberté absolue que préserve l’amitié. Il s’agit alors d’inventer ses propres règles pour ne pas abuser de ce lien d’autant plus fort qu’il n’est pas exclusif.

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