Le vinaigre : Quels sont ses usages pour la santé ?

Le vinaigre : Quels sont ses usages pour la santé ?

On pourrait presque paraphraser le dicton anglais, « an apple a day keeps the doctor away » (une pomme par jour éloigne le médecin) au profit du vinaigre.

À lire la littérature qui a été consacrée à ses vertus thérapeutiques depuis l’Antiquité, et qui le présente souvent comme une véritable panacée, on en viendrait en effet presque à se demander comment il existe encore des médecins… ou des gens assez inconscients pour ne pas absorber chaque jour leur ration de vinaigre !

Qu’en est-il réellement ? Comment distinguer ses vertus réelles de celles que lui a longtemps prêtées une science médicale encore balbutiante ? Si, jusqu’à l’aube du XIXème siècle, le vinaigre a fait office de remède universel capable de soulager les maux les plus divers, on aurait tort de tomber à présent dans l’excès inverse, et de penser qu’il ne s’agissait que de « croyances de bonne femme ». Aujourd’hui, des explications scientifiques viennent en effet étayer les bienfaits de ce produit.

Dans ce chapitre, sauf mention contraire, on parlera essentiellement du vinaigre de cidre, beaucoup plus intéressant sur le plan médical que ses congénères. Attention cependant à le bien choisir : seuls les vinaigres faits à partir de pommes entières de bonne qualité sont efficaces.

 

Les « pour » et les « contre »

La médecine antique croyait le vinaigre bénéfique à la plupart des organes vitaux, du cœur au foie, en passant par la rate, l’estomac, les intestins, ou les reins. On pensait en outre le vinaigre efficace contre les calculs rénaux (Galien et Aetius disaient de lui qu’il « mangeait les pierres »), la goutte, les affections du siège, les ulcères variqueux et la lèpre. On l’utilisait en outre comme désinfectant après les interventions chirurgicales et les accouchements. Paradoxalement, nos ancêtres pensaient que le vinaigre à la fois possédait des vertus antihémorragiques, et dissolvait les caillots sanguins. À vrai dire, ils allaient même jusqu’à le croire capable de remettre les membres luxés en place !

L’Italien Baptiste de Cavigioles, médecin de Mgr de La Trémoïlle et auteur d’une véritable ode aux vertus du vinaigre, écrit encore en 1558 que ce breuvage « corrige toutes humeurs superflues en notre corps » et en déduit que, puisqu’il est capable de fluidifier des « humeurs » aussi diverses que le sang et la bile, il est ipso facto susceptible d’agir sur toutes les maladies. Que dire de plus ? A cette époque, le vinaigre était donc réputé, en toute modestie, conserver la santé, préserver des maladies et aider à les guérir. On citera à cet égard une incroyable mixture de « fiente de sanglier » et de vinaigre, supposée conforter les os brisés et les aider à se ressouder.

La diététique moyenâgeuse soutient en outre que la saveur « acérée » du vinaigre le rend apte à se faufiler, telle une flèche, dans les moindres recoins du corps, ce qui en fait à la fois un puissant remède et le meilleur des excipients. On espère qu’il transportera de ce fait les principes actifs dissous en son sein jusqu’au siège du mal.

Les médecins du xviiie siècle prescrivaient quant eux un vinaigre thériacal, d’autant plus prisé qu’il était supposé combiner les innombrables vertus du vinaigre avec celles, non moins nombreuses, de la thériaque, un électuaire (préparation pharmaceutique de consistance molle faite de poudres mélangées à du sirop ou du miel) riche de nombreux principes actifs, dont l’opium, une des autres panacées de l’époque.

Les médecines orientales traditionnelles, fondées depuis plus de six millénaires sur l’équilibre entre « yin » et « yang », principes opposés et complémentaires, se montrent pour leur part plus sceptiques à l’égard du vinaigre, même si la pharmacopée japonaise fait grand cas du vinaigre de riz, à cause de sa richesse en nutriments. Selon la classification qui veut qu’à chacun des cinq éléments (terre, eau, feu, bois, métal) corresponde une saveur, un organe et une saison, les vinaigres, aliments de saveur acide, sont reliés à l’élément « bois », lequel domine le foie.

De ce fait, si absorber un peu de vinaigre fortifie cet organe, le consommer en excès l’épuisera et en perturbera le fonctionnement, de même que celui des organes qui lui sont opposés, la rate et le pancréas, ce qui peut engendrer des brûlures d’estomac, voire des ulcérations gastriques, et des sautes d’humeur. En vertu de ce principe, la meilleure garantie de santé est une alimentation équilibrée et en harmonie avec l’équilibre yin/yang. Concrètement, cela implique de se garder d’abuser du vinaigre ou des mets vinaigrés et de réserver de préférence ces derniers aux repas printaniers, la saison correspondant à l’élément « bois » étant le printemps.

Les tenants des théories macrobiotiques vont plus loin : partant du postulat que le vinaigre, comme tous les aliments de saveur acide, est « yin » et que la plupart des maladies le sont aussi (c’est notamment le cas de l’hypertension, des rhumatismes, de l’arthrite, ou de l’asthme), ils en concluent qu’il est néfaste de pousser l’organisme à se « yiniser » en lui faisant absorber des aliments « yin ». Ces derniers ne devraient donc être consommés que par les personnes très « yang » et encore, uniquement de manière occasionnelle.

Georges Ohsawa, auteur de l’ouvrage Le Zen macrobiotique ou l’art du rajeunissement et de la longévité, fustige d’ailleurs avec une vigueur toute particulière les «pseudo-médecines populaires» occidentales auxquelles manquent, selon lui, les fondements philosophiques millénaires sur lesquels reposent les médecines orientales, et rappelle au passage que mêler miel et vinaigre pour « harmoniser yin et yang », comme certains prétendent le (aire, est un non-sens car le vinaigre et le miel sont tous deux « yin ».

Laissant là ces querelles de chapelle, le corps médical contemporain, s’il se montre beaucoup plus modéré qu’autrefois, reconnaît cependant au vinaigre des vertus certaines : il est stimulant, désinfectant, apéritif, digestif et efficace contre nombre de petits « bobos ».

Attention: ne faire aucune des «cures au vinaigre » développées dans cet article sans avoir pris connaissance, des « dangers et précautions d’emploi ».

 

Un secret de longévité ?

Les habitants du Vermont, dans le nord-est des États-Unis, font l’envie de tous leurs compatriotes à cause de leur exceptionnelle longévité et parce qu’ils restent de surcroît alertes et vigoureux jusque dans leur grand âge. Ils attribuent leur santé de fer à leur fidélité à une médecine traditionnelle qui fait grand cas du vinaigre de cidre.

Les conseils des Vermontois rejoignent celui donné au xvie siècle par Platine, dans son De Honesta Voluptate, d’absorber chaque matin, dilué dans de l’eau chaude, un peu de « sirop acéteux », confectionné en faisant bouillir ensemble de l’eau, du vinaigre et du sucre, jusqu’à l’obtention d’une consistance sirupeuse. Ce traitement protège, selon lui, « de toutes les maladies ».

 

Le régime vinaigré vermontois

Outre le fait qu’ils veillent, bien sûr, à s’assurer une alimentation saine et équilibrée, les habitants du Vermont préservent leur équilibre oligo-minéral en absorbant chaque jour une petite quantité de vinaigre de cidre.

Pour ce faire, certains boivent tous les matins un grand verre d’eau additionné d’une cuillerée à soupe de vinaigre de cidre et édulcoré avec du miel ; d’autres préfèrent absorber leur ration quotidienne en trois fois, avant chaque repas. Dans le même ordre d’idées, l’on s’efforce d’absorber chaque jour un peu de vinaigrette au vinaigre de cidre, de préférence confectionnée avec une huile riche en acides gras insaturés comme l’huile d’olive ou l’huile de tournesol, aussi savoureuse que bénéfique pour toute la famille. On lui ajoute parfois un soupçon de miel, autre remède traditionnel favori de la région.

Ce régime aurait en outre l’avantage non négligeable d’améliorer la mémoire.

 

Fondements du traitement

Est-ce là une croyance de type « magique » ? Pas du tout. Elle s’explique tout à fait sur le plan scientifique, notamment par l’action du vinaigre sur les radicaux libres, substances responsables de bien des maux : on sait aujourd’hui qu’ils influent sur le vieillissement cutané et l’on s’interroge sur leur rôle exact dans le processus de vieillissement tout entier et dans l’apparition de diverses maladies, notamment des cancers.

Or le vinaigre est un puissant antioxydant, c’est d’ailleurs là le secret de ses propriétés conservatrices.. A cela s’ajoute, pour le vinaigre de cidre, sa richesse en bêta-carotène, lui-même très riche en vitamine A antioxydante. Et les antioxydants barrent l’accès de notre organisme aux radicaux libres !

Des chercheurs américains ont aussi mis en évidence l’intérêt du bêta-carotène pour la prévention de la cataracte (opacification du cristallin le plus souvent liée à son vieillissement).

Il semble donc acquis qu’absorber quotidiennement un peu de vinaigre ne puisse qu’être une bonne idée.

 

Un aliment richissime !

 

Mine de rien, il contient de tout !

Le vinaigre est riche en vitamines (notamment en vitamines du groupe B et vitamine D), en oligoéléments, en enzymes et en acides aminés essentiels. Il contient en effet du bore, du calcium, du chlore, du fer, du fluor, du magnésium (dont la plupart des femmes manquent à cause des régimes alimentaires modernes et dont la carence se traduit entre autres par de pénibles malaises regroupés sous le nom de spasmophilie), du manganèse, du phosphore, du potassium, du silicium, du sodium et du soufre. Le vinaigre de cidre renferme en outre de la pectine et du bêta-carotène.

Et de surcroît…

 

Il améliore l’absorption du fer

C’est là une propriété extrêmement intéressante car la plupart des femmes souffrent d’une légère carence en fer à cause de leur alimentation (qui laisse souvent trop peu de place aux légumes secs et aux céréales) et de la déperdition menstruelle qui est leur lot (à plus forte raison pour celles qui ont des règles abondantes). On recommande d’ailleurs aux personnes fatiguées de manger des haricots secs assaisonnés de vinaigre.

 

Il améliore l’absorption du calcium

Très important ! Le vinaigre contient peu de calcium, pourtant, mais il contribue, par son acidité, à en faciliter l’absorption par l’organisme. Il est de ce fait un allié précieux dans la lutte contre l’ostéoporose, grave problème de décalcification lié à l’âge, qui se traduit par une perte de taille et une redoutable fragilité osseuse. C’est à elle que sont dues les terribles fractures du col du fémur qui laissent tant de personnes âgées handicapées.

Cette propriété fait également du vinaigre le partenaire idéal d’un traitement contre les crampes. Il s’agit d’un mélange vinaigre-calcium, qui cumule les avantages : aux oligo-éléments du premier (notamment le magnésium et le potassium au rôle bien connu dans la prévention des crampes) et à la capacité à optimiser l’absorption du second vient s’ajouter les bienfaits propres du calcium.

Pour une efficacité optimale, absorbez du calcium en comprimés (choisissez de préférence des comprimés de carbonate de calcium). Attention ! Beaucoup de comprimés vendus dans le commerce sont difficilement assimilables par l’organisme. Les faire fondre dans un peu de vinaigre vous permettra de les » tester » : s’ils ne sont pas intégralement dissous au bout d’une demi-heure, ils ne ne se dissoudront pas non plus dans votre estomac et votre organisme ne pourra les assimiler.

Une loi que vous aurez trouvé une variété de comprimés de calcium satisfaisant aux exigences de ce test, absorbez-le de la manière suivante : prenez chaque matin un comprimé de calcium dissous dans un verre d’eau additionnée de deux cuillerées à café de vinaigre de cidre. Si vous le souhaitez, vous pourrez édulcorer ce breuvage avec du miel.

Sachez aussi utiliser le vinaigre pour tirer le meilleur parti du calcium présent dans les aliments. Il est par exemple recommandé de manger le fromage avec de la salade (vinaigrée) et de consommer des salades composées contenant du fromage.

 

Il apporte du bore

Le bore est un oligo-élément essentiel au bon métabolisme du calcium, du manganèse, du silicium et du magnésium.

 

Un excellent fortifiant

À cause, encore une fois, de sa richesse en nutriments, en acidés aminés essentiels et en oligoéléments, le vinaigre est réputé améliorer la vue, l’ouïe, les capacités de réflexion et la vivacité mentale. De fait, chacun sait qu’une alimentation équilibrée garantit une meilleure santé et une meilleure résistance aux maladies en tous genres, car un organisme vigoureux est globalement moins vulnérable aux maladies.

C’est là la base de la médecine populaire du Vermont, qui repose, nous l’avons vu, sur l’absorption quotidienne d’un peu de vinaigre de cidre. Les tenants de cette thérapie préventive affirment que ce régime les maintient en forme, accroît leur résistance aux agressions bactériennes et les aide à se requinquer plus rapidement, en cas de coup de fatigue.

Cette prophylaxie est fondée sur le principe d’une relation de causalité entre le pH du sang (et, plus généralement, celui de l’organisme) et la fatigue ou les maladies. Un étude faite par un médecin local, le Dr Jarvis, célèbre pour ses travaux sur la médecine populaire du Vermont, a ainsi mis en évidence une corrélation entre urines alcalines et mauvaise santé. Le Dr Jarvis a constaté que la guérison des patients s’accompagnait généralement d’un retour à une satisfaisante acidité urinaire. Puisqu’il avait établi que boire régulièrement un peu de vinaigre acidifiait les urines, il conçut l’idée d’un traitement préventif à rebours : si des urines alcalines étaient un symptôme de mauvaise santé et des urines acides, un gage de bonne santé, maintenir les urines acides devrait prévenir les maladies. Pour la même raison, il conseillait à ses patients de contrôler régulièrement leur pH urinaire à l’aide de papier de tournesol, afin de pouvoir réagir au plus vite si celui-ci penchait vers l’alcalinité.

Les vertus fortifiantes du vinaigre (il s’agit ici de Vinaigre de riz) sont aussi exploitées de longue date en Orient, notamment au Japon, où l’on consomme traditionnellement une mixture vinaigrée appelée tamago-zu, ce qui signifie « vinaigre à l’œuf ».

Ce remède auquel, selon la légende, les valeureux samouraïs devaient leur inaltérable vigueur, se prépare très simplement en immergeant un œuf à la coquille soigneusement lavée dans un verre de vinaigre de riz. Lorsque la coquille est entièrement dissoute sous l’effet de l’acide du vinaigre, on crève la membrane qui enrobe l’œuf, on le bat quelques instants dans le vinaigre, et on boit le mélange obtenu.

 

Stimulant de la mémoire

En apportant à l’organisme certains nutriments, notamment des vitamines B9 et B12 et de la thiamine, dont le déficit se traduit par des troubles de la mémoire, la consommation régulière de vinaigre a pour conséquence appréciable d’améliorer cette dernière. On obtiendra des résultats encore plus satisfaisants si l’on utilise du vinaigre au romarin, car cette plante est un stimulant reconnu de la mémoire.

Voilà une vertu qui intéressera au premier chef les étudiants, bien sûr, mais surtout les personnes âgées ! Des études américaines très prometteuses ont en effet montré que si l’on soumettait des « seniors » souffrant de pertes de mémoire à un régime alimentaire équilibré assorti d’un traitement au vinaigre, ils recouvraient une part spectaculaire de leurs facultés perdues.

De fait, chez les personnes âgées, la dénutrition est un problème courant. Les dernières études menées par le CERIN (Centre de recherche et d’informations nutritionnelles) montrent ainsi que près de la moitié des femmes et près d’un tiers des hommes appartenant à ces tranches de troisième et quatrième âge ne consomment ni assez de calories, ni suffisamment de vitamines. Cela résulterait d’un désintérêt global pour la nourriture, lié à une diminution de l’appétit consécutive à une trop faible activité physique ou à des dépressions légères. Il en résulte des carences en vitamines, en protéines et oligo-éléments (une personne âgée sur deux manques de calcium !).

Consommer un aliment aussi riche que le vinaigre ne peut donc que leur être bénéfique.

 

Un remède à certaines stérilités inexpliquées ?

L’adoption par les deux aspirants parents d’un régime alimentaire équilibré riche en céréales et en fruits acides, assorti d’une cure de vinaigre (à chaque repas, une cuillerée à café de vinaigre de cidre et une de miel diluées dans de l’eau) semble permettre à des couples souffrant de stérilité inexpliquée, c’est-à-dire dépourvue de cause organique, de procréer enfin.

N’allons pourtant pas trop rêver. Disons juste qu’un meilleur état général résultant d’une alimentation améliorée peut aller de pair avec une fertilité accrue.

 

Un complément indispensable à l’alimentation des femmes enceintes ?

On ne le répétera jamais assez, le vinaigre est un excellent aliment, riche en nutriments, en vitamines et en oligo-élements. A ce titre, il mérite de figurer en bonne place dans l’alimentation de toutes les femmes, particulièrement pour les femmes enceintes, dont les besoins en ce domaine sont accrus du fait de leur état. Faire une cure de vinaigre est extrêmement bénéfique à la fois pour elles et pour le bébé qu’elles portent. Le traitement a l’avantage, annexe mais non négligeable, de combattre efficacement les nausées matinales, qui empoisonnent tant de futures mamans.

En règle générale, on conseille d’absorber chaque matin une cuillerée à café de vinaigre de cidre dans un verre d’eau et, au déjeuner, deux cuillerées à café de vinaigre de cidre et deux de miel dans un verre d’eau.

Les zélateurs de cette méthode promettent grâce à cette supplémentation acide une lactation abondante et un bébé vigoureux et en bonne santé, qui se révélera de surcroît, en grandissant, plus éveillé sur le plan intellectuel que les autres enfants, et aura des dents plus solides !

 

Action antiseptique et bactéricide du vinaigre

Le vinaigre a connu son heure de gloire avec les grandes épidémies de peste (du xive au xviie siècle), au cours desquelles on l’utilisait pour chasser les miasmes et le «mauvais air», dont les médecins devinaient, sans encore comprendre comment, qu’ils contribuaient à propager la maladie. L’acidité du vinaigre était supposée antiméphitique, c’est-à-dire efficace contre les vapeurs délétères comme contre les fièvres malignes ou contagieuses.

C’est pour cette même raison que l’Italien Ramazini, auteur d’un Essai sur les maladies des artisans publié à Padoue en 1713, conseillait aux fossoyeurs de toujours porter sur eux un flacon de vinaigre et d’en respirer de temps à autre, « pour rétablir leur odorat et leurs esprits ». De la même façon, lorsque au xviiie siècle on déplaça les cimetières vers la périphérie des villes car les sépultures installées autour des églises étaient saturées et malsaines, et que l’on dut exhumer des corps, on utilisa largement le vinaigre, pur ou parfumé au benjoin (résine réputée particulièrement efficace pour combattre les « odeurs délétères »), afin de chasser les émanations pestilentielles et de désinfecter les églises.

Cette méthode est encore préconisée en 1801 par L.B Guyton de Morveau dans son Traité des moyens de désinfecter l’air, même si l’on commence, à cette époque, à adopter des procédés plus modernes.

Jusqu’à l’apparition des antiseptiques, le vinaigre resta le seul moyen doté d’une quelconque efficacité pour tenter d’enrayer la propagation des épidémies. Les mesures prises en ce sens étaient aussi diverses qu’inventives.

On conseillait tout d’abord de respirer à travers des mouchoirs imbibés de vinaigre, ou des masques retenant une éponge ou un tampon imbibé de vinaigre. Pour plus de sécurité, on recouvrait ces derniers de faux nez de carton qui valaient à leurs porteurs le surnom de « corbeaux ».

Dans le même but, on portait sur soi des citrons piqués de clous de girofle ou des boules odorantes et, pour faire bonne mesure, on agitait devant soi, comme pour s’ouvrir un chemin « purifié », un bouquet de rue trempé dans du vinaigre.

Le Petit traité contenant la manière pour faire toutes confitures, compostes, vins saulges, muscade poudres, moutardes et plusieurs autres bonnes recettes, rédigé par Jean Longis en 1545 et réimprimé treize ans plus tard par Benoist Rigaud et Jean Saugrain sous le titre La Pratique de faire toutes confitures, condiments, distillations d’eaux odoriférantes et plusieurs autres recettes très utiles avec, en appendice, le Traité sur les vertus du vinaigre de Baptiste de Cavigioles, donne la recette d’une « pomme pour odorer en temps d’épidémie », préconisée pour lutter contre l’air corrompu par ce que l’on appellera plusieurs siècles plus tard les microbes : il faut, dit l’auteur, mélanger du camphre, de la poudre de cèdre blanc, des pétales de rose, des feuilles de myrte, de l’encens, de la myrrhe et du ladanum (résine de ciste), puis lier ces ingrédients avec du vinaigre très fort, avant de les incorporer à une boule de gomme arabique afin de modeler une « pomme », que Baptiste de Cavigioles recommande d’« odorer souvent ».

Toujours pour chasser les miasmes, on pratiquait des fumigations vinaigrées dans les chambres des malades ou pour désinfecter les maisons des morts. Pour ce faire, on versait du vinaigre sur une pelle rougie au feu, que l’on agitait dans la pièce.

On utilisait aussi le vinaigre pour désinfecter les aliments : on lavait ainsi les fruits et les légumes avec, et l’on assaisonnait les viandes de même. Les médecins, eux, se lavaient les mains au vinaigre après leurs consultations.

Pour ne rien laisser au hasard, on se frictionnait aussi le corps au vinaigre, les auteurs de l’époque conseillant d’insister sur les jointures «où le mal prend ordinairement», c’est-à-dire les endroits où les bubons caractéristiques de la peste apparaissaient.

On n’hésitait pas non plus à consommer du vinaigre en traitement préventif, par voie interne. I apothicaire et chimiste Nicolas Lemery recommande ainsi, à la fin du XVIIème siècle, de boire chaque matin à jeun, en période d’épidémie, une demi-cuillerée de vinaigre parfumé. Et l’on faisait boire aux malades du vinaigre pur ou des sirops de vinaigre (confectionnés en faisant réduire ensemble du vinaigre et du sucre) réputés antiputrides et rafraîchissants. Ils étaient souvent parfumés aux fruits.

Cet engouement pour la prophylaxie par le vinaigre et la relative efficacité de celle-ci ont très vite suscité des recettes supposées encore plus efficaces que le vinaigre ordinaire. Tout d’abord des vinaigres aromatiques, notamment le vinaigre à la rue, puis des compositions plus complexes.

La plus célèbre d’entre celles-ci est celle du « Vinaigre des quatre voleurs », ainsi baptisé parce son usage aurait permis à quatre voleurs qui en imbibaient le linge leur protégeant le visage de résister particulièrement longtemps à la contagion. En période d’épidémie, on utilisait en effet les condamnés comme fossoyeurs et la plupart d’entre eux succombaient en quelques jours à la contagion. Voici la recette la plus classique (il en existe maintes variantes) du fameux vinaigre des quatre voleurs.

Faire macérer au soleil pendant deux à trois semaines, dans trois pintes (environ 1 litre et demi) de vinaigre fort, une once (environ 30 grammes) de chacun des ingrédients suivants : petite absinthe, grande absinthe, romarin, sauge, menthe et rue, quatre onces (environ 120 grammes) de fleurs de lavande ; et une demi-once (environ 15 grammes) de chacun des ingrédients suivants : calamus aromatique (aujourd’hui plus connu sous le nom d’acore odorant), cannelle, clou de girofle, noix de muscade, gousses d’ail fraîchement coupées en tranches, et une once (environ 30 grammes) de camphre. Filtrer avant usage.

Certaines recettes font aussi apparaître de la reine-des-prés et de la marjolaine, du genièvre, de la sauge, de l’angélique ou même du sel.

Nicolas Lemeiy, dans son Recueil de secrets, donne pour sa part une recette de vinaigre antiseptique bouilli avec de la rue, de l’absinthe, du genièvre, de l’ail, de l’angélique, du clou de girofle et de la noix de muscade.

L’efficacité, toute relative, de ces diverses recettes avait été empiriquement déterminée, sans qu’on en connaisse le moins du monde les mécanismes. Elle peut cependant s’expliquer par le pouvoir que possède le vinaigre de chasser les puces propagatrices de la peste. Les aromates à l’odeur puissante qu’on lui ajoutait ne pouvaient que renforcer cet effet.

La peste a, Dieu merci, déserté nos régions et il existe aujourd’hui des remèdes efficaces pour la combattre. L’usage du vinaigre comme désinfectant n’en est pas pour autant tomber en désuétude. Bien des siècles après la dernière grande épidémie, le courrier en provenance des pays exotiques continua ainsi à exhaler une légère odeur vinaigrée, car on l’en aspergeait pour le désinfecter. Aujourd’hui encore, des études scientifiques très sérieuses extrêmement prometteuses sont menées dans le tiers-monde sur les vertus du vinaigre comme désinfectant hospitalier… incomparablement moins cher et difficile à se procurer que ses concurrents.

D’une manière générale, le vinaigre peut être utilisé pour désinfecter et soigner les plaies et brûlures légères, notamment les coups de soleil.

Pline l’Ancien le conseillait déjà, au début de notre ère, pour désinfecter les morsures de chiens non enragés. Il fallait les badigeonner de vinaigre chaud à l’aide d’une éponge (« acetum calidum in spongia ».

Au XVème siècle, la recette s’était sophistiquée et l’on utilisait un vinaigre additionné de sel dans lequel on avait fait macérer au soleil des oignons et de la rue. En fait, on ignorait alors que le principe actif du mélange était bien le vinaigre.

Aujourd’hui, il s’utilise couramment pour désinfecter les petites plaies et les brûlures sans gravité (rougeur et sensation de chaleur, mais pas de cloque). Pour les coups de soleil, on recommande de préférence un vinaigre adoucissant aux roses rouges, obtenu en faisant macérer au soleil pendant deux semaines 100 grammes de pétales de roses rouges dans 1 litre de vinaigre. Le vinaigre à l’aloès favorise encore plus la cicatrisation des plaies et des brûlures, grâce aux vertus intrinsèques de cette plante.

En revanche, nul ne recommanderait la recette donnée par Nicolas Lemery et dont il affirme avoir lui-même vérifié l’efficacité, qui consiste « pour faire tenir feu en sa main sans se brûler », de s’enduire la paume d’un mélange de vinaigre, de vitriol (terme qui, à l’époque, ne désignait pas, comme aujourd’hui, un concentré d’acide sulfurique, mais des sulfates) et de jus de plantain ! Tous les plantains possèdent certes des propriétés cicatrisantes qui viennent s’ajouter à celles du vinaigre, mais de là à les tester à la manière des antiques ordalies, il y a un grand pas, qu’il paraît fort déconseillé de franchir !

 

Anti-infectieux

Le vinaigre compte parmi les premiers médicaments bactéricides de l’histoire, les ancêtres de nos antibiotiques. Les textes médicaux assyriens le recommandaient déjà pour traiter les affections de lu sphère ORL. Après une brève éclipse sous le règne incontesté des remèdes «modernes», il ne vient aujourd’hui sur le devant de la scène, notamment pour combattre les otites répétées des enfants ou des amateurs de longueurs de piscine, on l’utilise dans ce cas en bains d’oreille, comme le préconisaient déjà, voici une vingtaine de siècles, les médecins antiques, qui conseillaient, pour en augmenter l’efficacité, de faire bouillir dedans de la marjolaine, de la sauge ou de la rue. Aujourd’hui, on utilise le vinaigre dilué dans de l’eau bouillie.

Le vinaigre, pris en sirop ou en gargarismes, soulage également les maux de gorge. On en dilue une cuillère à soupe dans un verre d’eau tiède additionne d’une cuillerée à café de miel. Certains conseillent de relever la mixture d’une pincée de piment de Cayenne, puissant antiseptique devant l’Eternel, mais cela semble plutôt tenir de la méthode. «chinoise» qui consiste à chasser une douleur par une autre: de fait, on aura trop la bouche « en feu » pour se rappeler que l’on souffrait de la gorge ! Pour soigner les aphtes et les gingivites, on préféra du vinaigre à la myrrhe, utilisé en bains de bouche.

 

Rhumes

On sait aujourd’hui que les rhumes sont l’œuvre d’un virus et qu’il n’est guère d’autre remède que d’« attendre que cela passe », mais cela n’empêche pas de chercher à en soulager les symptômes. Voici quelques recettes traditionnelles éprouvées pour être le moins possible incommodé par ce petit désagrément hivernal.

Pour dégager les voies respiratoires supérieures (le nez, la gorge et les sinus), on respirera du vinaigre à l’eucalyptus, préparé en mélangeant à du vinaigre de cidre ou, à défaut, à du vinaigre d’alcool, quelques gouttes d’huile essentielle d’eucalyptus. De manière générale, respirer des vapeurs de vinaigre calme les éternuements.

Les personnes souffrant de sinusite verront leur état s’améliorer si elles consomment au lever, à midi, et au coucher une cuillerée à café de vinaigre de cidre diluée dans un verre d’eau tiède.

Pour dégager les voies respiratoires inférieures (les bronches et les poumons), rien ne vaut un bon cataplasme. On en confectionne de très efficaces avec du vinaigre de cidre et du poivre appliqués en compresse sur la poitrine. On peut aussi recourir à des frictions de vinaigre camphré sur la poitrine ou à des sinapismes de farine de moutarde et de vinaigre très fort (vinaigre d’alcool à 8°).

 

Toux

Depuis Hippocrate, on soigne les maux des poumons et de la poitrine à l’aide d’un mélange de vinaigre et de miel (compter 250 grammes de miel pour 1/2 litre de vinaigre de vin) appelé oxymel, que l’on consommait le plus souvent allongé d’eau.

Plus tard, pour augmenter son efficacité, on fabriqua l’oxymel avec des vinaigres dans lesquels avaient macéré des plantes aux propriétés antitussives ou pectorales. On prescrivait encore couramment, au début du XIXème siècle, un sirop pectoral « ‘imposé de vinaigre, de miel, de racine d’iris, de racine d’aunée et de gomme ammoniaque (résine d’une plante africaine), qui n’était en fait rien de plus qu’un oxymel amélioré.

De fait, peu de recettes sont aussi efficaces et île pourvues d’effets secondaires. Contrairement à la plupart des sirops vendus dans le commerce, les sirops au vinaigre et au miel calment durablement la toux sans provoquer de somnolence.

Le vinaigre soulage également les toux d’irritation. La meilleure solution consiste à en imbiber un mouchoir que l’on gardera à portée de main. Cette méthode soulage aussi, même si elle ne remplace pas les médications habituelles, l’asthme et les quintes de coqueluche.

 

Douleurs dentaires

Jusqu’à l’apparition des analgésiques modernes, on les soulageait par des gargarismes de vinaigre opiacé.

Voici cependant la recette d’un bain de bouche antiseptique connu depuis des siècles, mais qui n’a guère vieilli : mélanger du vinaigre de vin ou de cidre avec une quantité équivalente d’eau et les faire bouillir avec du clou de girofle, du sel, du poivre et un peu d’eau-de-vie.

 

Apéritif et digestif

S’il est une vertu du vinaigre sur laquelle tous s’accordent, c’est bien sa capacité à ouvrir l’appétit et à assurer une digestion sereine. Dioscoride et Avicenne, qui professaient pourtant souvent des théories opposées, l’évoquaient déjà de concert, répondant à ceux qui accusaient le vinaigre de « gâter l’estomac » qu’au contraire il confortait et aidait la digestion.

Un auteur du XVIIème siècle a écrit à son propos : « C’est un des principaux aiguillons de l’appétit et il est en outre profitable à inciser, ouvrir et désopiler et à contemplerez l’ardeur de la bile. Il empêche en outre la corruption, aide la digestion aux estomacs… mais il faut en user avec discrétion, voire en le corrigeant et contempérant, avec du sucre et autres choses. » Tout est dit. Ces propriétés du vinaigre résultent peut-être de sa grande similitude, sur le plan chimique, avec les sucs gastriques.

 

Un excellent apéritif

Le vinaigre stimulant l’appétit, on prit très vite l’habitude de servir en début de repas des plats vinaigrés tels que des crudités en salade. Les Anciens recommandaient tout particulièrement, à cet égard, le vinaigre scillitique, ou vinaigre à la scille d’ une plante herbacée proche de la jacinthe. Caton l’Ancien évoque quant à lui, dans son Traité agriculture, les vertus apéritives du chou cru macérer dans du vinaigre (qui peut aussi faire office de digestif s’il est consommé après le repas).

Platine le considère comme le meilleur stimulant du goût et de l’appétit. C’est pourquoi, conclut-il, on le sert souvent « au commencement et en première table ». On consommait d’ailleurs encore au XVIème siècle un oxymel apéritif, dilution de vinaigre er de miel dans de l’eau parfumée à la menthe, au poivre et au persil.

Commencer le repas par un plat vinaigré est aujourd’hui moins systématique qu’au Moyen Âge, mais les crudités servies avec une sauce vinaigrette font néanmoins partie des entrées modernes les plus communes.

 

Facilite la digestion

Le vinaigre augmente les sécrétions salivaires, si bien que l’on apprécie plus le goût des aliments et que l’on les digère mieux.

Le célèbre cuisinier romain Apicius a laissé deux recettes d’un condiment vinaigré digestif appelé oxygarum. Elles consistent toutes deux en un mélange d’épices broyées (poivre, cardamome, cumin, nard, une plante herbacée de la famille des valérianacées très appréciée des Anciens, et menthe sèche, pour la première ; et poivre, persil, carvi et livèche, pour la seconde) et liées avec du miel, que l’on consommait mélangées à du garum (ingrédient mythique de la cuisine romaine, à base de poisson, dont le plus proche équivalent moderne est le nuoc-mâm vietnamien) et du vinaigre.

Au Moyen Âge, cuisine et diététique sont intimement liées. Toute forme de préparation culinaire tend à « adoucir » l’aliment (même si elle utilise pour ce faire des ingrédients qui n’ont rien de doux au premier abord, comme le vinaigre ou les piments), ce qui signifie en corriger les défauts, autrement dit, le rendre plus digeste !

Les aliments étaient à l’époque classifiés en deux catégories, suivant qu’il étaient « froids » ou « chauds ». La cuisine visait à « réchauffer » les aliments « froids » et à « refroidir » les aliments « chauds ». Jusqu’au début du xviie siècle, un des sens du terme « assaisonner » demeura d’ailleurs « tempérer ». Le vinaigre et, de manière générale, les assaisonnements acides, « froids », étaient particulièrement recommandés pendant la saison chaude et les épices fortes, «chaudes», étaient le plus souvent associées au vinaigre, condiment – froid », qui était supposé en modérer la chaleur. Cette terminologie a totalement disparu de la langue française, mais en anglais, on dit encore d’une sauce ou d’un plat puissamment épicé qu’il ou elle est hot (« chaud »). Détail amusant, la salade, longtemps réputée froide et indigeste, se voyait plutôt assaisonner de condiments chauds comme le sel et l’huile que du froid vinaigre !

En vertu de ces théories, on conseillait, au Moyen Age, d’assaisonner de vinaigre les nourritures réputées indigestes, comme la viande de bœuf, aliment fort peu prisé jusqu’au XVIIème siècle. Ainsi Galien recommandait-il à « ceux qui par nécessité » devaient en consommer de « tremper [leur viande] du vinaigre et la manger avec des aulx et de la rue pour aider à la digestion ».

On accommodait volontiers les aliments lourds avec une sauce « chaude » faite de vinaigre, de vin, de pain brûlé, de raisins secs, de cannelle, de gingembre, de clou de girofle et de poivre long (une épice fort appréciée, à l’époque, qui ne se consomme plus aujourd’hui qu’en Asie), ou une sauce au poivre noir associant gingembre, poivre noir, pain brûlé, vinaigre et verjus. Dans le même ordre d’idées, Platine évoque un « Sirop acéteux », fait de vinaigre de sucre et d’eau, dont la consommation quotidienne protège des maladies car il « fait digérer les matières ».

Par la suite, la cuisine s’est dissociée de la diététique et l’usage des condiments et épices est devenu plus ludique que « médical ». Pourtant, la notion selon laquelle les aliments vinaigrés « font digérer » est restée, comme en témoigne l’usage de servir de la salade après le plat principal.

Comme beaucoup de rituels alimentaires, celui-ci repose sur une réalité : le vinaigre et tous les assaisonnements acides améliorent le métabolisme des protéines. L’habitude de servir viandes et poissons accompagnés d’une sauce vinaigrée ou de citron ne s’est d’ailleurs jamais perdue, pas plus que celle qui consiste à assortir certains plats lourds d’une sauce ou d’un condiment vinaigré : ainsi la tête de veau se sert-elle toujours avec une sauce vinaigrette, ou sa variante, la sauce ravigote.

On connaît aujourd’hui l’explication scientifique de cette vertu du vinaigre : il stimule les sécrétions de tous les organes de l’appareil digestif (bouche, estomac, pancréas, foie et intestins), ce qui garantit automatiquement une digestion plus facile. Il agit non seulement sur le métabolisme des protides mais aussi sur celui des lipides, qu’il régularise, ce qui contribue à réduire les conséquences néfastes d’un repas trop riche.

Le vinaigre facilite également la digestion de la cellulose, donc des fibres des légumes et des fruits. Il est ainsi souhaitable de manger les légumes crus et les légumes secs additionnés de vinaigre. C’est sain, et c’est bon !

Les Vermontois fournissent une justification supplémentaire à la consommation régulière de vinaigre : une nourriture trop alcaline est mauvaise pour la santé, car elle alcalinise le corps. Or les Vermontais sont persuadés, nous l’avons vu, que maintenir une bonne acidité de l’organisme est un gage de bonne santé. Il faut donc acidifier son alimentation. Et la meilleure manière d’acidifier son alimentation consiste à arroser les mets alcalinisants (viande, légumes secs, etc.) de vinaigre de cidre.

 

Soulage les embarras digestifs en tout genre

Si l’antique et quelque peu magique remède consistant à traiter les douleurs et embarras digestifs par l’application de cataplasmes vinaigrés sur le ventre n’a plus cours, le vinaigre, à cause de ses propriétés digestives, soulage maints petits problèmes dans ce domaine.

Contre les embarras gastriques, la meilleure option consiste à utiliser du vinaigre à la menthe, qui cumule les vertus du vinaigre et les propriétés digestives bien connues de la menthe. On le boira dilué dans un peu d’eau.

L’absorption de vinaigre peut également régulariser le fonctionnement du foie et du pancréas, mairie si le traitement antique des hépatites et des cirrhoses par le vinaigre au pissenlit est malheureusement inefficace.

Le vinaigre est aussi recommandé pour lutter contre les nausées et les vomissements, qu’ils soient lu , un problème purement digestif ou au mal de mer, ou même… au fait d’être enceinte. On utilisera de préférence du vinaigre à la menthe, car cette pituite est un antispasmodique naturel, ou, en cas de vomissements, du vinaigre au clou de girofle. Deux méthodes sont possibles : en imbiber un mouchoir et le respirer, ou en boire une cuillerée à café diluée dans un demi-verre d’eau glacée. Ce dernier détail est très important, surtout en cas de vomissements, car le froid paralysera l’estomac suffisamment longtemps pour permettre aux principes actifs du vinaigre et de la menthe ou du clou de girofle d’agir (sur un estomac bouleversé, la moindre gorgée d’eau peut en effet suffire à déclencher des vomissements réflexes).

En matière intestinale, on a longtemps considéré le vinaigre comme le traitement d’élection des « flux de ventre » et autres « coliques de plomb ». On pensait, selon la poétique définition donnée par Héra-clidès de Tarente et rapportée dans Le Banquet d’Athénée au début de notre ère, que « le vinaigre resserre certaines parties extérieures, et de même les matières qui se trouvent dans le ventre ». On l’utilisait de ce fait en lavements ou en potions.

Pline l’Ancien évoque ainsi un oxycrat, mélange de vinaigre et d’eau (1/2 cuillerée à soupe de vinaigre par litre d’eau), dont il fallait absorber un verre toutes les trois à quatre heures.

D’autres auteurs recommandaient de manger des fèves cuites dans de l’eau vinaigrée.

Nicolas Lemeiy donne quant à lui une recette aussi surprenante qu’exotique, de pierre ponce et de corail broyés et cuits au four avec du vinaigre. On détrempait la poudre ainsi obtenue avec du vinaigre, puis, après un bref temps d’évaporation, on faisait cuire le mélange au bain-marie avec du sucre candi, de manière à obtenir un sirop censé combattre la dysenterie.

Tout cela prête bien sûr à rire, mais de fait, le vinaigre calme bel et bien les irritations intestinales et régularise le transit digestif ! Ses propriétés germicides agissent également sur les flatulences en supprimant les fermentations intestinales qui en sont responsables. Il s’agit ici de consommer du vinaigre dilué dans de l’eau tiède (1 cuillerée à café par verre, aux trois repas principaux). On peut utiliser du vinaigre de cidre ordinaire ou parfumé au pissenlit.

Le vinaigre s’utilise aussi pour traiter la constipation ; il faut alors additionner son eau vinaigrée d’une ou deux cuillerées à café de miel.

 

Fait cesser le hoquet

Le vinaigre est souverain contre ce petit désagrément. Il suffit de boire lentement et sans respirer trois gorgées d’eau tiède additionnée de vinaigre pour le voir aussitôt s’apaiser. On peut préférer mâcher lentement un sucre Imbibé de vinaigre, ou encore absorber du suc de menthe poivrée (obtenu en broyant les feuilles) mêlé quelques gouttes de vinaigre.

 

Antipoison

Le vinaigre jouit depuis l’antiquité d’une réputation d’antipoison. De fait, puisqu’il aide à digérer des aliments lourds, pourquoi ne permettrait-il pas de survivre à l’ingestion de substances non comestibles ?

AuIer siècle avant J.-C., le médecin grec Asclépiade le recommandait déjà comme remède aux intoxications dues à l’opium ou au gui et aux morsures de serpent. D’autres auteurs l’affirmaient souverain contre les champignons vénéneux. Avouons qu’ils exagéraient un tantinet ses pouvoirs : ces derniers cas relèvent exclusivement du médecin ou du centre antipoison.

Il n’en demeure pas moins que le vinaigre possède d’indéniables vertus d’anti-intoxication.

 

Antiseptique alimentaire et digestif

Les recettes moyenâgeuses ne reculaient devant aucune sorte d’aliment et l’on n’hésitait pas à consommer aux tables seigneuriales des dauphins ou des cygnes, sans compter les gibiers de tous poils et plumes. Certains de ces mets se révélaient indigestes, voire carrément malsains. Ainsi, les anguilles, trop souvent pêchées dans des eaux croupies ou corrompues, provoquèrent d’innombrables cas d’empoisonnement. Un de ces drames fut même immortalisé dans une célèbre chanson populaire anglaise d’époque élisabéthaine, Lord Randall, qui raconte comment un jeune seigneur périt pour le voir mangé chez sa dulcinée des anguilles pêchées dans un fossé.

Comme il aurait paru ridiculement pusillanime de renoncer à des mets recherchés par souci de santé, on s’efforçait de les accommoder de manière à les rendre inoffensifs, à grand renfort d’épices et de vinaigre. Un auteur italien du XIIIème siècle rapporte ainsi des recettes de langue et de cervelle qui font appel à des quantités considérables de vinaigre, de poivre et de gingembre.

Le vinaigre jouait en effet un rôle prépondérant dans le processus d’anti-intoxication. De fait, même si le goût de l’époque portait vers des assaisonnent acidulés, on préférait pour les aliments fins » i digestes tels que les volailles, par exemple, utiliser du verjus (jus de raisins cueillis verts et, par analogie, de certains cépages très acides), et réserver le vinaigre aux aliments grossiers et digestes.

Les cuisiniers et médecins médiévaux n’avaient pas tort : l’action antiseptique du vinaigre peut aussi n’exercer à l’intérieur du tube digestif et rendre inoffensifs,, ou du moins moins dangereux, les aliments avariés. C’est pourquoi on le considère comme un excellent remède préventif et curatif des intoxications alimentaires.

En traitement préventif, on prendra, une demi-heure avant le repas dont on croit devoir se méfier, un verre d’eau additionnée de deux cuillerées à café de vinaigre. Il s’agit là d’une excellente méthode, lorsque l’on voyage à l’étranger, pour se prémunir contre la turista… à condition de toujours pensé à diluer son vinaigre dans de l’eau bouillie ou en bouteille. Ce traitement permet à l’organisme de résister beaucoup plus efficacement aux toxines contenues dans un aliment avarié.

Lorsqu’on a omis ces précautions salvatrices, on pourra recourir au vinaigre en traitement curatif. On utilisera dans ce cas du vinaigre de cidre dilué dans de l’eau (à raison d’une cuillerée à café de vinaigre par verre d’eau), que l’on absorbera par petites doses régulières pendant vingt-quatre heures d’affilée. L’eau vinaigrée sera bue par petites gorgées, espacées de quelques minutes si l’on souffre de vomissements, afin de ne pas bouleverser plus encore l’estomac. Le traitement complet comporte trois verres d’eau vinaigrée. Il suffit en général à guérir l’intoxication en une journée.

 

Agit sur les intoxications à l’opium

On employa longtemps, en guise d’antidote à ce que l’on n’appelait pas encore une overdose, un « vinaigre de café » que l’on préparait en faisan! Bouillir du café réduit en poudre dans du vinaigre de vin et en additionnant le breuvage obtenu de sucre. Ce remède vinaigré s’administrait chaud, à raison de deux cuillerées toutes les quatre heures Les fumeries d’opium en possédaient toutes quelques flacons, pour le cas où l’un de leurs clients serait pris de malaise.

Saint-Simon raconte d’ailleurs dans ses Mémoires comment les valets du marquis du Bordage lui sauvaient la vie en lui faisant boire du vinaigre après qu’il eut tenté de se suicider à l’opium en apprenant la mort de sa maîtresse, la marquise de Polignac.

Cette mixture était aussi réputée dissiper les vapeurs de l’ivresse et soigner le delirium tremens, indication déjà évoquée par Héraclidès de Tarente, dont un personnage reproche à l’autre de l’avoir forcé à absorber «quatre cuillerées d’un cotyle [mesure correspondant à 8 décilitres] de vinaigre de Décilie », afin de le dégriser.

Mais l’opium ne se fume plus guère aujourd’hui dans nos pays. Des stupéfiants autrement plus concentrés l’ont remplacé, contre lesquels un simple vinaigre, fût-il fortifié de café, resterait hélas sans. Pouvoir…

 

Antidote contre les venins en tout genre

Les Anciens croyaient le vinaigre efficace contre les morsures de tous les animaux venimeux, du serpent (Pline l’Ancien recommandait tout particulièrement, à cet égard, un vinaigre fait à partir de vin de Thasos, île grecque proche de la Thrace) au scorpion, mais ils le surestimaient quelque peu, même lorsqu’ils lui adjoignaient les ingrédients les plus incongrus aux vertus mythiques, comme la cervelle de lièvre..

Inutile de recourir à des recettes aussi complexes et répugnantes, et de surcroît inefficaces dans les piqûres des animaux réellement venimeux (reptiles, scorpions, etc.). Cela dit, le vinaigre demeure, sans qu’il soit besoin de l’apprêter d’aucune manière, le plus efficace des soins pour soulager les piqûres de méduse. Non que le seul fait d’arroser la piqûre de vinaigre neutralise totalement le venin, mais cela calme presque instantanément la sensation de brûlure que ce venin occasionne. Le même traitement peut être appliqué tout aussi efficacement aux piqûres de guêpe, d’abeille, d’araignée, ou d’ortie.

 

Bon pour la peau et antiprurigineux

Un des domaines d’élection du vinaigre est la dermatologie. Les Anciens le considéraient à cet égard comme un véritable remède miracle, le médecin grec Dioscoride allant même jusqu’à l’affirmer efficace contre toutes les maladies de peau, lèpre comprise ! Et s’il exagérait en ce qui concerne la lèpre, force est d’avouer qu’il n’avait pas tout à fait tort pour le reste.

Grâce à son pH très proche de celui de la peau (à l’inverse, par exemple, de celui du savon), le vinaigre soulage en effet la plupart des irritations cutanées. Et il possède la vertu supplémentaire de neutraliser le calcaire qui rend l’eau des villes si souvent irritantes pour les épidermes sensibles ou fragilisés.

Les démangeaisons courantes se verront soulagées par l’application locale de vinaigre de cidre (ou, à la rigueur, de vinaigre de vin), pur ou dilué selon les cas, ou encore par l’adjonction de vinaigre dans un bain (1/4 litre de vinaigre par bain).

De même, on lavera les bébés atteints de dermite fessière à l’eau additionnée de vinaigre de cidre. Les démangeaisons liées aux hémorroïdes seront quant à elles soulagées par l’application de vinaigre de cidre pur, alors que l’on préférera, pour traiter le prurit ano-génital, une infusion de camomille romaine additionnée de deux cuillerées à café de vinaigre par litre.

Dans les cas plus sérieux, ou pour traiter les rougeurs, on pourra recourir à des emplâtres vinaigrés, confectionnés en détrempant de vinaigre de cidre dilué de moitié à l’eau, de la farine d’avoine ou de l’argile blanche, substances dont les propriétés adoucissantes et cicatrisantes reconnues viendront s’adjoindre à celles du vinaigre. On peut aussi utiliser avec bonheur le vinaigre de cidre contre les mycoses et les dermatoses parasitaires. Dans le premier cas, le vinaigre parfumé au thym est tout particulièrement réputé.

La galle se traite depuis l’époque romaine par l’application de solutions à base de vinaigre. Si Pline l’Ancien recommandait du vinaigre de vin miellé dans lequel on broyait des feuilles de morelle douce-amère, on préfère aujourd’hui recourir à des décoctions (une décoction s’obtient en faisant bouillir des plantes aromatiques dans de l’eau, alors que, pour une infusion, on verse simplement de l’eau bouillante sur lesdites plantes) de bourdaine ou de thym additionnée d’un verre de vinaigre par litre, ou à des frictions avec des fruits de fusain d’Europe écrasés dans du vinaigre ordinaire ou dans du vinaigre aux fleurs de lavande. Pour les dermatoses siégeant sur le cuir chevelu, on obtient d’excellents résultats avec une lotion capillaire mêlant du fusain d’Europe en décoction et du vinaigre de cidre (1 verre de vinaigre par litre de décoction).

Contre l’impétigo ou la teigne, mieux vaut en revanche appliquer du vinaigre de cidre pur sur les lésions, afin d’accélérer leur cicatrisation. Le même traitement, appliqué toutes les deux heures, soulagera aussi les douleurs liées au zona et facilitera la cicatrisation des lésions dues à cette affection.

 

Prévient les infections urinaires

Voilà une vertu du vinaigre qui intéressera toutes les femmes. Absorber chaque jour du vinaigre de cidre contribue à la prévention des infections urinaires car un tel traitement acidifie les urines, cl les bactéries se développent mal en milieu acide.

Bien entendu, seul un traitement régulier est susceptible d’une réelle efficacité.

Attention : il s’agit là d’une prophylaxie préventive. En cas d’infection urinaire déclarée, il est impératif de consulter son médecin et d’obéir à ses prescriptions.

 

Calme les nerfs

Pline l’Ancien évoque des traitements à base de maigre de scille pour l’épilepsie, la mélancolie, l’hystérie et, plus généralement, les nerfs fragiles. Vaste programme… Plus prosaïquement, les XVIIIème : XIXème siècles virent la vogue des black drops « gouttes noires ») de Lancaster, élixir calmant qui, comme son nom l’indique, se consommait sous forme de gouttes, et était composé de vinaigre, de sucre, de noix de muscade, de safran… et d’opium.

On aurait cependant tort de croire que le vinaigre ne servait que d’excipient dans ces préparations. Même si dans le cas des black drops, il était évidemment supplanté par l’opium, il figurait dans la recette à cause de ses propriétés… sédatives ! Mais oui ! L’expérience montre en effet qu’un traitement régulier au vinaigre de cidre calme les grands nerveux et les enfants hyperactifs en deux mois environ.

On sait qu’il agit sur ce plan grâce l’action régulatrice qu’il exerce sur le métabolisme, laquelle se répercute, par suite, sur les mécanismes producteurs d’énergie de l’organisme. De la même façon, un tel traitement soulage les nerfs tendus et les angoisses liés au stress de la vie moderne. Pour une efficacité accrue, on choisira un vinaigre (de cidre, si possible) parfumé à la sauge, à la lavande ou au romarin, toutes plantes dotées elles aussi de vertus sédatives.

 

Agit sur l’insomnie

Prendre chaque soir au coucher quelques gorgées d’eau vinaigrée et miellée chasse durablement les insomnies. Il faut utiliser du vinaigre de cidre dilué dans de l’eau avec du miel, à raison de 125 millilitres de miel et de trois cuillerées à café de vinaigre pour une grande bouteille d’eau. Si le sommeil tarde, rien n’interdit d’en reprendre quelques gorgées. Même chose en cas de réveil nocturne intempestif. Avantage supplémentaire : vous vous réveillerez frais et dispos, et en pleine forme.

Attention, il s’agit là d’un traitement de fond, qui peut ne produire d’effet sensible qu’au bout de deux ou trois semaines. Et les résultats véritables n’apparaîtront qu’après deux mois.

 

Un classique contre les évanouissements et les crises de nerfs

Rien ne remplace, dans ce domaine, les « sels » d’antan, c’est-à-dire les sels volatils de vinaigre. Concrètement, il s’agit de sulfate de potasse réduit en poudre et imbibé de vinaigre parfumé ou non, que l’ on conservait autrefois dans des flacons de portatifs. A cause de la composition de leur contenu, les Anglais appelaient d’ailleurs « vinaigrette » les flacons de sels que portaient sur elles les élégantes toujours promptes à défaillir.

 

Apaise les maux de tête

La plupart des maux de tête ayant une compo- nerveuse, le vinaigre ne peut que les soulager, respirer du vinaigre, de préférence parfumé à la lavande ou au romarin, plantes aux vertus calmantes, ou des « sels », puis, si possible, s’allonger dans un endroit sombre pendant au moins une heure et se relaxer apporte le plus souvent une amélioration.

On aura également avantage à se tamponner les tempes et le front de vinaigre. En revanche, inutile aux finesses recommandées par Platine, cataplasmes de vinaigre et d’huile rosat appliqués sur un tampon de laine non lavée (pourquoi, grand Dieu, dernier détail ?). Les inhalations de vinaigre de cidre mélangé par a de l’eau bouillante apportent elles aussi, en général, un soulagement. Pour le cas particulier des névralgies liées au froid, on recommande d’appliquer sur le front et les tempes un cataplasme de fleurs et de feuilles de verveine officinale (fraîches, si possible) cuites dans un peu de vinaigre blanc.

Ces méthodes apaisent en général les maux de tête, mais, pour les personnes qui en sont régulièrement affligées, rien ne vaut, comme toujours, la prévention, et celle-ci passe par l’absorption quotidienne de vinaigre de cidre dilué dans de l’eau.

 

Soulage l’arthrite

L’arthrite est une maladie fort pénible, très répandue, et que la médecine allopathique classique ne sait pas toujours bien soigner.

L’utilisation du vinaigre dans le traitement de l’arthrite est fort ancienne puisque Pline l’Ancien cite déjà un Uniment à base de vinaigre additionné de cendre de sarments de vigne et de carbonate de soude, destiné à faire disparaître les « excroissances charnues nées sur les os », ce qui semble bien correspondre à de l’arthrite.

Par la suite, les recettes les plus fantaisistes devaient se succéder au fil des siècles, emplâtres au vinaigre et à la bouse de vache ou savants baumes antiarthritiques dont la préparation fait frémir. Pour l’un des plus célèbres d’entre eux, le baume de Sancher, qui date du XVIIème siècle, il fallait en effet tout d’abord confectionner du « savon animal », c’est-à-dire une mixture de moelle de bœuf, de blanc de baleine, d’huile concrète de noix de muscade et de lessive de soude, puis le mélanger avec du vinaigre, de l’alcool de lavande, du camphre et ¿es huiles essentielles de menthe poivrée, de cannelle, de lavande, de muscade, de girofle et de sassafras.

Puis apparurent les médicaments modernes, et les arthritiques se prirent à espérer que la chimie viendrait au secours de leurs maux. Cet espoir déçu, on se tourna de nouveau vers les remèdes traditionnels en simplifiant les mixtures trop complexes et en éliminant les ingrédients fantaisistes, on découvrit Que l’un de leurs dénominateurs communs était le vainaigre et, plus précisément, le vinaigre de cidre.

Consommer à chaque repas une petite dose de vinaigre de cidre dilué dans de l’eau et édulcoré avec un peu de miel apporte, si l’on en croit les Personnes qui suivent ce traitement, un soulagement indéniable. Certains l’associent aux sels d’Epsom, c’est-à-dire au sulfate de magnésium, mat les vertus anti-inflammatoires sont connues depuis l’époque romaine. Les médecins américains commencent d’ailleurs à se pencher de très près sur les vertus de ce simplissime et pourtant efficace traitement.

 

Pourquoi du vinaigre ?

Pour la médecine traditionnelle du Vermont, l’arthritisme n’est rien d’autre qu’une mauvaise assimilation du calcium, qui conduit à le stocker en excès dans certaines parties de l’organisme, alors même que, bien souvent, cet organisme considéré de manière globale en manque.

Or le métabolisme du calcium est directement lié à l’efficacité des sécrétions gastriques. Si celles-ci sont insuffisantes, elles ne pourront dissoudre le calcium présent dans le bol alimentaire et il ne sera pas assimilé. Les intensifier comme le fait, on l’a vu, le vinaigre, doit donc logiquement soigner l’arthrite.

 

Le traitement

On absorbera chaque jour, par voie interne, un verre d’eau additionné de une à deux cuillerées à café de vinaigre de cidre avant chaque repas. Si on le souhaite, on peut édulcorer cette mixture d’une ou deux cuillerées à café de miel. L’absorption de comprimés à base d’algues lyophilisées complète avantageusement le traitement.

Attention ! Il s’agit, une fois encore, d’un traitement à long terme. N’en attendez pas d’effets immédiats.

Ce traitement interne s’accompagne d’une thérapie par voie externe, elle aussi fondée sur les vertus du vinaigre. On baigne matin et soir pendant une dizaine de minutes les articulations atteintes dans un mélange d’eau chaude et de vinaigre (1/2 volume de vinaigre pour 3 volumes d’eau). Pour les articulations plus difficiles à baigner, comme le genou ou le coude, on préférera un enveloppement chaud avec une compresse trempée dans l’eau vinaigrée.

Maintenir la compresse en place en enrobant l’articulation d’un morceau de film plastique transparent pour conserver les aliments, en prenant garde de ne pas trop le serrer. La justification de ce dernier traitement est néanmoins peu convaincante puisqu’il vise à « dissoudre sous l’actions » comme un vulgaire comprimé de calcium, et que l’on a peine à croire que son action corrosive s’exerce à travers peau et muscles !

 

Anticoagulant ou antihémorragique ?

 

Action sur la fluidité sanguine

Le vinaigre est réputé pour fluidifier le sang et dissoudre les caillots sanguins, mais on vante aussi, de manière totalement contradictoire, ses vertus antihémorragiques.

Les médecines traditionnelles, qui accordent une grande importance aux considérations sur la fluidité sanguine et attribuent nombre de malaises à un « épaississement du sang », s’intéressent de près au vinaigre, car les aliments acides sont supposés fluidifier le sang (à l’inverse des aliments protéinés, qui l’épaississent).

Les propriétés hémostatiques (antihémorragiques) du vinaigre lui valent d’être utilisé dans le cadre chirurgical depuis l’Antiquité. Les médecins de l’époque conseillaient en effet aux patients sur lesquels ils avaient pratiqué une lithotomie (c’est-à-dire une extraction de calculs) des bains de siège de fort vinaigre chaud, afin d’éviter les hémorragies. De la même façon, les auteurs du xvie siècle l’affirmaient capable d’« arrêter le sang de quelque par qui sort». Il était de ce fait recommandé notamment dans le traitement des hémorragies génitales, les recettes les plus raffinées l’associant à des toiles d’araignées, elles aussi réputées hémostatiques.

De nos jours, certains praticiens prescrivent encore avant les interventions chirurgicales un traitement préventif au vinaigre, pour réduire les risques d’hémorragie.

Un traitement de fond à base de vinaigre de cidre (une ou deux cuillerées de vinaigre de cidre diluées dans un verre d’eau, à chaque repas) est en tout cas recommandé pour juguler les problèmes de saignements, qu’ils soient d’origine hémorroïdaires ou liés à des règles trop abondantes. Contre les saignements de nez des enfants, l’application d’un tampon imbibé de vinaigre fait souvent merveille.

 

Varices et jambes lourdes

L’absorption quotidienne de vinaigre de cidre contribuant à régulariser la circulation sanguine, elle ne peut que produire un effet bénéfique sur les varices et les autre problèmes d’origine veineuse. On conseille en outre d’appliquer chaque Jour autour des jambes des bandages imbibés de vinaigre, et de se masser régulièrement avec du vinaigre de cidre pur.

 

Combat l’hypercholestérolémie

La pectine contenue dans le vinaigre de cidre fabriqué à partir de pommes fraîches entières facilite l’élimination du cholestérol et évite qu’il s’accumule dans l’organisme.

En clair, absorber chaque jour du vinaigre de cidre prévient l’accumulation du cholestérol sur les parois des vaisseaux sanguins, aussi appelée athérosclérose, qui est à terme responsable d’accidents cardio-vasculaires parfois fatals.

 

Combat l’hypertension artérielle

Prendre chaque matin deux cuillerées à café de vinaigre de cidre dans un verre d’eau contribue à réguler la tension artérielle. Le vinaigre au pissenlit donne des résultats particulièrement bons grâce à sa légère action diurétique.

 

Soigne les vertiges

Boire chaque jour du vinaigre de cidre, ordinaire ou parfumé au romarin, dans de l’eau apporte une amélioration des malaises en un mois environ.

 

Contre les douleurs diverses

Contre les contusions et sciatiques, on recommande des cataplasmes de feuilles de verveine officinale cuites dans du vinaigre.

Contre les douleurs musculaires telles que les courbatures ou les foulures, l’application de bandages vinaigrés apporte un soulagement certain. Les médecins vermontois recommandent un liniment à base de vinaigre dans lequel on a fait dis soudre une coquille d’œuf, ou encore un baume confectionné en battant un jaune d’œuf et une cuillerée à soupe de vinaigre de cidre dans un peu d’huile d’olive.

 

Fébrifuge

En cas de poussée de fièvre, le vinaigre sait aussi se faire apprécier. On l’utilise alors en cataplasmes Appliqués sur la plante des pieds, que l’on fabrique en hachant des feuilles de pourpier avec du sel et du vinaigre.

Les frictions vinaigrées calment quant à elles les sueurs nocturnes et contribuent à faire baisser la température corporelle.

 

Soins des yeux

La médecine antique utilisait le vinaigre pour soigner les affections oculaires les plus diverses, depuis les banales irritations jusqu’à la cataracte.

On limite aujourd’hui son emploi au traitement, par des bains d’yeux vinaigrés, des irritations des yeux dues à la poussière, à la pollution ou à la lumière. On l’utilise dilué dans de l’eau bouillie, à raison d’une cuillerée à café de vinaigre pour un verre d’eau bouillie.

 

Autres vertus plus controversées

 

Antiulcéreux ?

Si étonnant que cela puisse paraître au premier abord, des chercheurs japonais ont démontré que l’absorption régulière de vinaigre pouvait, dans certains cas, prévenir les ulcères gastriques liés à l’alcoolisme, en faisant sécréter par l’estomac un suc protecteur. Ce traitement, qui serait efficace dans plus de quatre-vingt-quinze pour cent des cas, reste encore expérimental et il faudra sans doute attendre quelques années avant que l’on puisse se prononcer sur son efficacité réelle.

De fait, même si la plus grande prudence s’impose à toutes les personnes sensibles de l’estomac, il semblerait que le vinaigre soit beaucoup moins agressif pour la muqueuse gastrique qu’on ne le pense généralement.

 

L’un des plus anciens contraceptifs recensés

Le vinaigre est tout d’abord réputé calmé les appétits sexuels. Selon Platine, il « amoindrit le sperme et ôte le désir d’habiter avec femme et ceci fait pareillement toute chose acéteuse à cause de l’infrigidation ». En clair, le vinaigre comme les condiments vinaigrés étaient censés produire un effet calmant sur le plan sexuel. Pour cette raison, on le recommandait aux moines et aux prêtres alors qu’on le déconseillait aux femmes souhaitant concevoir.

On retrouve également le vinaigre dans nombre de recettes contraceptives ou abortives. Dès l’aube de notre ère, Dioscoride propose ainsi un breuvage abortif mêlant eau, vinaigre et grains de serpentaire. Un peu plus tard, son compatriote Soranos administre à ses patientes une potion contraceptive et absorptive à base d’oxymel, de graines de roquette et de berce. Enfin, au VIème siècle, Aetius, plus original, propose des recettes à usage masculin, parmi lesquelles l’onction du membre viril avec un mélange d’alun, de grenade et de noix de galle « triturés » avec du vinaigre et de l’eau salée !

Plus près de nous, le vinaigre est resté jusqu’à une date récente l’un des rares moyens contraceptifs connus. Il s’utilisait en « pessaires », des éponges contraceptives que l’on imbibait de vinaigre, ou en injectons vaginales. On l’employait, suivant les cas, pur ou dilué à l’eau tiède. Ces deux méthodes aussi peu fiables qu’agressives pour les muqueuses génitales ont survécu, pour la première, jusqu’au début du XX siècle et, pour la seconde, jusqu’aux années quarante.

 

Aphrodisiaque ?

Si la médecine antique considère en général le vinaigre comme un bon sédatif des appétits sexuels (seul Dioscoride, pour qui le vinaigre à la menthe « excite la luxure », s’inscrit en faux contre cette opinion quasi unanime), il se trouve quelques textes pour lui prêter des vertus aphrodisiaques. La médecine chinoise évoque ainsi en ce sens le vinaigre au clou de girofle. On cite aussi les jeunes feuilles de panicaut confites dans le vinaigre, mais dans ces deux cas, le vinaigre fait plutôt figure d’excipient, le clou de girofle et le panicaut étant en eux-mêmes réputés aphrodisiaques. Tout au plus remarquera-t-on que le vinaigre n’en contrecarre pas les effets excitants.

Les récits relatifs aux amours du roi Salomon et de la reine de Saba évoquent quant à eux un remède que le monarque aurait utilisé avec succès, alors qu’il souffrait d’impuissance, et qui mêlait à du vinaigre une mystérieuse « huile de tirba ». Quel était en l’espèce l’aphrodisiaque : le vinaigre ou cette huile inconnue ?

En réalité, le véritable pouvoir aphrodisiaque du vinaigre semble s’être situé sur un autre plan : il était en effet couramment utilisé par les courtisanes, à cause de sa faculté de resserrer les tissus, ce qui leur permettait de donner plus de plaisir à leurs amants.

Par analogie, on s’en servit aussi pour recréer l’illusion d’une virginité malencontreusement perdue, afin de tromper un jeune mari naïf, ce qui donna naissance à des préparations connues sou le nom poétique de « vinaigres de pucelle ».

Le vinaigre a véhiculé à sa suite une multitude d’autres croyances parfois compréhensibles, comme celle qui l’a longtemps paré de pouvoirs antiscorbutiques car, comme il pouvait sans dommage remplacer le citron en cuisine, et vice versa, m relisait qu’il en allait de même de leurs vertus extraculinaires. Il en est d’autres plus farfelues. Sachez ainsi que le vinaigre parfumé à la rue est réputé chasser les sorcières et le vinaigre à l’ail, bien entendu, les vampires ! Enfin, les sorciers vaudous conseillent, pour se prémunir contre les manigances de ses ennemis et autres « mauvais voisins », de les asperger discrètement de vinaigre parfumé à l’asafoetida.

 

Vertus de la « mère » de vinaigre

Pline l’Ancien la disait efficace « tous azimuts » aussi bien contre les abcès cutanés que pour stopper les règles (il recommandait dans ce cas de l’utiliser en « pressaire »), ou pour soulager les montées de lait (ilfallait alors en faire des cataplasmes avec de la farine d’orge).

Pour profiter des bienfaits de cette « mère », il faut utiliser les particules de de voile mycodermique tombées dans le vinaigre et transformées en filaments légèrement gluants. Leur aspect n’est guère appétissant, mais n’oubliez pas qu’il s’agit en quelque sorte de la partie «vivante» du vinaigre, ce qui explique sans doute que l’on en fasse un si grand cas. Pour confectionner un peu de mère, prélevez un fragment du voile mycodermique qui recouvre la surface de votre vinaigrier et laissez-le tremper dans du vinaigre. Vous pouvez aussi utiliser la « lie » qui se dépose au fond des bouteilles de vinaigre de bonne qualité.

Prise par voie interne, la « mère » de vinaigre est un efficace anti-infectieux, qui agit, outre sur l’infection elle-même, sur les maux de tête, manifestations cutanées éruptives et douleurs articulaires qui peuvent l’accompagner.

Vous pouvez la consommer telle quelle ou mêlée à du miel. Attention ! Pour profiter au maximum de ses multiples bienfaits, il faut impérativement la mâcher lentement. Si cette perspective vous répugne quelque peu, pensez aux bénéfices de l’opération !

 

Usages vétérinaires du vinaigre

Les paysans auvergnats utilisaient naguère un «préservatif» (c’est-à-dire un traitement préventif) à base de vinaigre, contre les maladies épizootiques. Ils ajoutaient tous les deux jours pendant dix jours à l’eau de boisson de leur bétail une pinte (environ 1/2 litre) de vinaigre dans laquelle était dissoute mu once (environ 30 grammes) de nitrate de potasse. Pour renforcer l’efficacité du traitement, les bêtes devaient rester jour et nuit au grand air, et être munies d’un séton mobile au fanon. Cette thérapie préventive garantissait un cheptel d’une robustesse à toute épreuve, chose fort importante dans une région réputée pour la rudesse de son climat.

Mais attention, il s’agit ici de «bétail»: n’allez pas administrer du vinaigre à certains de vos animaux de compagnie, qui pourraient mal le supporter. Demandez conseil à votre vétérinaire habituel.

Le vinaigre constitue aussi un traitement externe très efficace des affections parasitaires: contre la brucellose, on utilise un mélange de vinaigre de cidre et d’iode et contre la gale, du vinaigre au lupin, avec lequel on badigeonne les lésions. On peut également essayer l’antique recette recommandée par Pline, qui consiste en l’application de vinaigre miellé dans lequel on a broyé de la morelle douce-amère. Pour chasser les parasites cutanés, on pratique des frictions à l’eau vinaigrée. Voilà un moyen aussi écologique qu’économique, et efficace, pour prémunir votre chien contre les puces !

Et pour soulager les piqûres d’insectes survenues avant le début du traitement, on les badigeonnera avec une pâte faite d’ail ou d’oignon cru pilé dans du vinaigre, ou avec du vinaigre dans lequel on aura fait macérer du romarin, de l’absinthe et de l’aurone.

Tous ces remèdes assureront en outre à vos compagnons un poil superbement lustré.

 

Dangers et précautions d’emploi

Si vous suivez un traitement médical ou souffrez d’une quelconque maladie, n’entamez en aucun cas une cure de vinaigre sans consulter votre médecin.

 

Fragilité gastrique et vinaigre : une contre-indication absolue

Un extrait des Aphorismes de l’École de Salerne : (il s’agit ici de l’école de médecine de cette ville, qui connut une immense renommée aux XIème et XIIème siècles) évoque le vinaigre en termes peu tendres :

Du vinaigre le trop d’usage Refroidit, dessèche, amaigrit, Il fait qu’un pauvre époux, dont le suc dépérit, Néglige la paix du ménage, Le vinaigre corrompt, change un tempérament, Le rend atrabilaire, et produit un ravage Qui des nerfs desséchés trouble le mouvement.

Sans aller jusqu’à une description aussi apocalyptique, il est bon de rappeler la principale et, en fait la seule réelle contre-indication du vinaigre : la fragilité gastrique.

Pline l’Ancien évoque déjà, au début de notre ère, les dangers du vinaigre pour les estomacs fragiles et Galien, un siècle plus tard, renchérit en accusant le vinaigre d’« écorcher les intestins ».

Si Platine tempère cette opinion en précisant, à pos de l’estomac que « s’il [le vinaigre] le trouve sain il le laissera de même », Louis Lemery, deux les exactement plus tard, se montre beaucoup plus catégorique. Il écrit en effet dans son Traité des aliments, en date de 1705 : « Les assaisonnements tirés des acides… nuisent même aux personnes les plus saines par leur acrimonie dominante, blessent les petits vaisseaux… et appesantissent le corps… en l’excitant à se charger d’une quantité d’aliments qui excède son besoin. »

Pourtant, à une époque où la peste constituait un fléau et le vinaigre, la base de l’unique prophylaxie dotée d’un semblant d’efficacité, on conseillait aux sonnes dotées d’un estomac fragile de choisir entre deux maux le moindre, ou de chercher un moyen de le mieux supporter. Certains proposaient d’additionner le vinaigre d’un peu de sucre ou de sel (était-ce là vraiment un procédé adoucissant ?), voire d’un peu de vin. Dans son Histoire des plantes elles, publiée en 1738, Chomel recommande quant à lui le vinaigre surard (vinaigre dans lequel on a fait macérer des fleurs de sureau), selon lui « moins contraire à l’estomac et plus sain que le commun ».

On prête la même relative innocuité au tigre de petit-lait, spécialité helvético-germanique particulièrement peu acide (mais cela reste de même un vinaigre). On constate donc en ce temps-là une préoccupation constante : faire en sorte de rendre le vinaigre aisément supportable par l’estomac afin de pouvoir bénéficier de ses vertus. Il faut dire que ces temps ne connaissaient guère la modération et que l’on n’hésitait pas à consommer le vinaigre pur et à haute dose, voire à jeun…

Rares sont aujourd’hui les contre-indications à l’absorption de vinaigre. Il n’en existe en fait qu’une seule : le vinaigre est formellement déconseillé aux personnes souffrant d’une gastrite ou d’un ulcère gastroduodénal. Même si tous les médecins ne l’interdisent pas à leurs patients, il faut impérativement l’utiliser avec précaution car son acidité risque de produire des effets désastreux sur une muqueuse gastrique fragilisée.

Une étude comparative réalisée sur les effets respectifs du piment et du Tabasco sur la muqueuse gastrique a démontré que, contrairement à ce que l’on aurait pu penser, cette sauce était irritante pour l’estomac à cause de sa teneur en acide acétique, et non à cause du piment qu’elle contient. A la grandi-surprise des chercheurs, la capsaïcine (principe actif du piment) s’est en effet révélée inoffensive lorsqu’elle était appliquée seule sur la paroi gastrique. On nuancera cependant les résultats de celle étude en rappelant que le Tabasco est confectionné avec un vinaigre distillé dont la concentration en acide acétique est environ deux fois supérieure .s celle d’un vinaigre normal.

Le vinaigre favorise en outre les mouvements digestifs; il est donc contre-indiqué dès lors qu’il est déconseillé d’accélérer les contractions digestives.

 

De la modération en toutes choses

Il est bien évident que nul médecin moderne ne recommandera jamais de consommer du vinaigre pur « à la bouteille », mais uniquement des boissons vinaigrées très faiblement dosées. On préférera d’autre part le vinaigre de cidre ou les vinaigres de fruits autres que le raisin, plus faiblement dosés en acide acétique (de 4 à 6° en moyenne) que les vinaigres de vin ou d’alcool.

Rappelons toutefois qu’il est absolument inutile, et potentiellement néfaste, de dépasser les doses très réduites recommandées dans le cadre des traitements cités au cours de cet article. Les personnes auxquelles l’absorption de vinaigre occasionne des maux d’estomac ne doivent en aucun cas ignorer l’avertissement émis par leur corps, ni penser que leur estomac va s’accoutumer au vinaigre.

Cependant, avant de renoncer à un aliment aussi bénéfique, elles peuvent essayer de changer de marque de vinaigre, sachant que les maigres biologiques confectionnés avec des fruits entiers sont souvent moins agressifs que les autres vinaigres, de réduire de moitié la dose habituelle (qui est de 2 cuillerées à café de vinaigre à chaque repas), de boire leur eau vinaigrée au milieu du repas, ou de l’additionner de miel. Si les douleurs persistent, abandonnez le vinaigre et consultez votre médecin. Un dernier détail : une consommation excessive de vinaigre peut attaquer l’émail des dents. Encore une fois, n’en abusez pas.

 

Précautions d’emploi d’ordre pratique

Il ne faut jamais utiliser avec du vinaigre des récipients en cuivre ou en métal non inoxydable ou comportant des soudures à base de plomb. Le vinaigre se chargerait en effet de particules métalliques toxiques dissoutes par son action corrosive.

Méfiez-vous aussi des plats anciens, car les peintures pour céramiques ont longtemps contenu du plomb.

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